L’orientation des politiques fédérales conditionne les attentes dans de nombreux secteurs. Le gouvernement a présenté ses priorités dans le budget de 2025 et y a clarifié les possibilités qui s’offrent aux entreprises canadiennes. L’accès aux contrats fédéraux et la possibilité d’en tirer profit seront toutefois assortis de conditions strictes, ce qui forcera les entreprises à se montrer proactives.
Atténuer l’incertitude commerciale et tarifaire
Le climat géopolitique actuel fait de la renégociation de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique prévue en 2026 un sujet potentiellement explosif. Les secteurs qui dépendent de la prévisibilité des flux transfrontaliers (fabrication, transport, ressources naturelles, agriculture et technologie) traversent une nouvelle période d’incertitude et doivent réévaluer leurs stratégies en matière de droits de douane.
Malgré la complexité de la situation, des occasions sont à saisir. En plus d’adopter certaines mesures fondamentales liées à la conformité commerciale et à la planification fiscale, les entreprises peuvent mettre en œuvre une démarche tactique de création de valeur et d’expansion commerciale axée sur l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement, la restructuration et l’optimisation des coûts, la croissance et les replis stratégiques ainsi que la diversification dans de nouveaux marchés.
Le plan de conformité, de résilience et de création de valeur de 2026 devrait intégrer des mesures d’optimisation des coûts et des scénarios d’approvisionnement, de tarification et d’accès aux marchés. Dans ce contexte de changements rapides, les équipes d’audit et de gestion des risques internes devront réévaluer la tolérance au risque et renforcer les contrôles afin de s’y adapter.
Trouver de la valeur dans un contexte commercial en pleine évolution :
Tirer parti du commerce interprovincial
La suppression des barrières commerciales entre les provinces canadiennes pourrait s’avérer très bénéfique; elle pourrait notamment renforcer la résilience économique, améliorer l’efficacité du commerce intérieur et réduire les coûts d’exploitation des entreprises. Des obstacles persistent toutefois. Au fédéral, la Loi sur l’unité canadienne (projet de loi C-5) vise à éliminer les entraves à la mobilité de la main-d’œuvre dans tous les secteurs afin d’accélérer la réalisation de projets d’infrastructure d’intérêt national par l’intermédiaire du Bureau des grands projets.
À mesure que les obstacles à la mobilité tomberont et que le commerce intérieur gagnera en efficacité, plusieurs secteurs seront bien placés pour saisir de nouvelles occasions : le commerce de détail et l’agroalimentaire, l’énergie, les transports et les services professionnels, comme les soins de santé et la construction.
Pour être concurrentielles, de nombreuses entreprises devront rapidement renforcer leur conformité fiscale interprovinciale, leurs contrôles en matière d’IA et de cybersécurité, leurs normes de confidentialité des données et leurs pratiques d’approvisionnement durable, qui feront toutes l’objet d’une surveillance accrue dans le cadre des appels d’offres publics.
La politique d’approvisionnement « Achetez canadien » présentée dans le budget de 2025 va encore plus loin, ce qui confirme l’importance pour les entreprises de revoir la résilience et l’exposition au risque de leur chaîne d’approvisionnement.
L’assouplissement des barrières interprovinciales ne réglera pas à lui seul la pénurie nationale de talents et pourrait même révéler des écarts de capacité. Les entreprises doivent déterminer les postes qui dépendent des flux de talents interprovinciaux et ceux qui pourraient subir les contrecoups de l’accélération de la mobilité. Une restructuration proactive des ressources humaines et des partenariats avec les réseaux de talents autochtones et régionaux permettront de combler ces écarts avant qu’ils ne nuisent à la compétitivité.
Intégrer la résilience à vos chaînes d’approvisionnement et à votre réservoir de talents :
Transformer les dépenses de défense du Canada en avantage concurrentiel
L’engagement accru du Canada envers la modernisation de sa défense, notamment sa promesse d’augmenter les dépenses militaires à 5 % du PIB d’ici 2035, promet de générer de nouvelles occasions commerciales tout au long de la chaîne d’approvisionnement de la défense, de l’exploitation minière à la fabrication en passant par le transport.
Les retombées potentielles sont certes colossales, mais les coûts d’entrée risquent d’être élevés. Pour remporter des contrats de défense fédéraux, les entreprises devront démontrer leur expérience et satisfaire à des exigences élevées en matière de maturité numérique, de cybersécurité, de systèmes informatiques, de chaîne d’approvisionnement, de participation des Autochtones et de capacité de production.
Les entreprises qui souhaitent se qualifier pour les contrats à venir devront procéder à une évaluation en profondeur de leur situation actuelle, des capacités requises pour être compétitives et de la feuille de route à suivre pour y parvenir.
Évaluer, s’adapter et saisir les occasions :
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