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Budget de 2025 : incidences et défis pour l’immobilier et la construction

Mis à jour le : 12 janvier 2026

Dans le budget de 2025, le gouvernement fédéral se donne les moyens de combler les besoins en logements et en infrastructures au Canada. Il propose une stratégie axée sur l’accélération des chantiers et la relance des projets, ce qui créera des occasions, mais entraînera également des risques pour le secteur de l’immobilier et de la construction. 

Saisir les occasions dans un contexte immobilier en transformation

Les promoteurs et les entreprises de construction se trouvent devant des échéanciers plus serrés et une concurrence accrue, sans compter la pression d’adopter des méthodes de construction modernes.

Même si la passation en charges immédiate des projets admissibles peut améliorer la rentabilité à court terme, les entreprises doivent composer avec la pénurie de main-d’œuvre, les perturbations dans la chaîne d’approvisionnement et la hausse des coûts des matériaux. Les stratégies de portefeuille pourraient donc devoir s’orienter vers le logement hors marché, les logements construits expressément pour la location et les projets à cycle rapide afin de tirer pleinement parti des incitatifs.

Six points à retenir pour les dirigeants du secteur de l’immobilier et de la construction

Les dirigeants du secteur doivent comprendre ce que le budget propose et repenser leurs modèles d’affaires pour saisir les nouvelles occasions de croissance.

number 1

Construction accélérée : des occasions à saisir et des défis à relever

Le budget met l’accent sur la construction rapide de bâtiments à logements multiples et d’immeubles locatifs grâce à des incitatifs et à des programmes de financement fédéraux. Par l’entremise de l’organisme fédéral Maisons Canada, le gouvernement vise à doubler le rythme de la construction d’habitations au cours de la prochaine décennie en privilégiant le logement hors marché.

Les incitatifs à la construction d’habitations stimuleront par la bande la réalisation de projets commerciaux, industriels et d’infrastructures. Promoteurs et investisseurs devront envisager des projets hybrides et opter pour une planification coordonnée afin de concilier la construction d’habitations et d’infrastructures.

« L’ajout d’infrastructures de transport et la réduction des droits d’aménagement devraient ouvrir de nouveaux corridors commerciaux et accélérer les projets. Les investisseurs se concentreront probablement sur les logements multifamiliaux dans ces corridors. »
Michael Taylor, associé, Services-conseils en évaluations et modèles

Cette initiative devrait favoriser la concurrence chez les promoteurs et inciter les entreprises à se fixer des échéanciers plus serrés. Pour suivre la cadence, elles devront peut-être simplifier leurs processus d’obtention de permis et renforcer la collaboration avec les partenaires gouvernementaux.

number 2

Méthodes de construction modernes et IA pour accélérer les projets et réduire les coûts

Les entreprises qui utilisent des méthodes de construction traditionnelles pourraient peiner à répondre aux exigences de rapidité, de volume et de durabilité.

Le budget de 2025 encourage l’utilisation de méthodes modernes, notamment les logements modulaires, la préfabrication, le recours au bois massif et d’autres procédés de fabrication hors site. Les promoteurs peuvent ainsi profiter d’avantages concrets sur le plan de la rapidité, des coûts et de la durabilité.

Parallèlement, l’exploitation de l’IA et des technologies intelligentes sera essentielle pour les entreprises qui souhaitent rester compétitives et suivre la demande. Elle leur permettra d’optimiser la conception des projets, d’en améliorer la gestion et d’en accélérer la réalisation.

« Le secteur canadien de l’immobilier se trouve à un moment charnière. Les modèles qui fonctionnaient auparavant ne résoudront pas les prochains défis en matière d’abordabilité et de productivité. Les leaders du secteur devront adopter des solutions numériques modernes, comme les plateformes de données intégrées, la planification fondée sur l’IA, l’obtention de permis automatisée et les chantiers intelligents qui maximisent la sécurité, la rapidité et la rentabilité. »
Roshan David, associé, Analyses appliquées

number 3

Pression sur le financement et le capital : trouver le juste équilibre

L’élargissement des programmes de financement crée davantage d’occasions pour les promoteurs, mais exige une planification rigoureuse du capital et des flux de trésorerie.

L’une des initiatives clés du budget de 2025 est le relèvement de la limite annuelle d’émission d’Obligations hypothécaires du Canada, de 60 à 80 milliards $, pour la construction de bâtiments à logements multiples. Le fait que le capital soit plus facilement accessible accroît la capacité financière, mais exerce également une pression plus forte sur les flux de trésorerie, favorise la concurrence et accentue la dépendance aux programmes gouvernementaux.

Pour demeurer résilientes, les entreprises du secteur doivent aligner leurs stratégies de financement sur des échéanciers accélérés, équilibrer dette et capitaux propres pour éviter une surexposition, en plus de prévoir les entrées et sorties de fonds afin d’avoir des liquidités tout au long de la construction. Les entreprises doivent réévaluer leurs structures de capital, affiner la prévision des flux de trésorerie et mettre en place des tests de résistance pour demeurer réactives et éviter les retards.

number 4

Contraintes liées à la main-d’œuvre et aux chaînes d’approvisionnement

Même si le budget de 2025 prévoit des fonds pour les métiers spécialisés et la formation, la pénurie de travailleurs qualifiés risque de persister au Canada.

Une plus grande mobilité de la main-d’œuvre, notamment par l’assouplissement des clauses de non-concurrence du Code canadien du travail, pourrait combler des besoins urgents, mais risque d’accentuer les déséquilibres régionaux dans les provinces qui peinent déjà à retenir leurs professionnels.

De plus, la multiplication des projets majeurs d’infrastructures et de logements attribuable au budget de 2025 exercera une pression sans précédent sur la chaîne d’approvisionnement nationale, car de nombreuses initiatives solliciteront les mêmes travailleurs qualifiés, fabricants et entreprises de construction.

De plus, les politiques d’approvisionnement « acheter canadien » et les objectifs de construction accélérée accentueront la pression. Cette situation pourrait créer des goulots d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement et augmenter les coûts des matériaux, ce qui obligerait les promoteurs à réévaluer les ressources pouvant être obtenues localement plutôt qu’importées.

Pour atténuer ces risques et surmonter les contraintes, les promoteurs devraient adopter des stratégies d’approvisionnement diversifiées, investir dans des partenariats de main-d’œuvre et des filières de formation et utiliser des outils numériques pour améliorer la visibilité de la chaîne d’approvisionnement et la planification des projets.

number 5

Réorienter les portefeuilles et les stratégies pour créer de la valeur

Les promoteurs et les fonds de placement immobilier pourraient devoir réorienter leurs portefeuilles vers les logements construits expressément pour la location et les projets à cycle rapide afin de tirer pleinement parti des incitatifs fédéraux.

Le budget encourage fortement cette transition grâce à des mesures clés, notamment une déduction pour amortissement accéléré destinée aux projets locatifs, un financement important pour les programmes de construction rapide, des outils financiers améliorés, comme des prêts à la construction garantis par la Société canadienne d’hypothèques et de logement, ainsi que des mesures visant à promouvoir des méthodes de construction modernes. Ces politiques bénéficient aux promoteurs et aux fonds d’investissement immobilier dont les portefeuilles sont axés sur les projets à logements multiples hors marché de même que les modèles de construction rapide et efficace.

Dans un contexte où tout s’accélère, la spéculation foncière risque de rapporter moins qu’auparavant.

number 6

Maximiser les mesures fiscales et les incitatifs

Les mesures fiscales et les incitatifs prévus dans le budget fédéral de 2025 visent à avantager à la fois les promoteurs et les acheteurs.

L’une d’entre elles permet temporairement la passation en charges immédiate du coût des bâtiments de fabrication ou de transformation admissibles, ce qui pourrait être rentable à court terme.

L’élimination ou la réduction de la TPS à l’achat d’une première habitation peut stimuler le développement immobilier en favorisant la demande, en dynamisant le secteur de la construction et en contribuant à la croissance globale du marché.

« Le budget fédéral de 2025 accorde des allègements fiscaux ciblés, particulièrement dans le secteur du logement, et renforce les incitatifs à l’investissement des entreprises pour stimuler la croissance économique. »
Lorenzo Bonanno, associé, Services en fiscalité canadienne

Transformer les changements budgétaires en avantages stratégiques

Le budget de 2025 propose des initiatives qui envoient un message clair quant à l’importance d’accélérer les projets de construction de logements et d’infrastructures, ce qui génère autant d’occasions que de risques. Les dirigeants du secteur de l’immobilier et de la construction qui agiront rapidement, adopteront des méthodes de construction modernes et adapteront leur stratégie à cette nouvelle réalité seront les mieux positionnés pour en tirer profit. Nous sommes là pour vous aider à composer avec ces changements, à élaborer un plan technologique, à gérer les risques et à profiter des avantages que présente le budget de 2025.

Pour obtenir plus de renseignements, communiquez avec l’un de nos spécialistes des Services au secteur de l’immobilier et de la construction ou avec votre conseiller. Vous pouvez également visiter notre centre de ressources pour obtenir une analyse détaillée du budget de 2025.