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Cinq conseils pour planifier la relève à l’intention des propriétaires d'entreprises à capital fermé

Mis à jour le : 9 juin 2025

Les dernières années ont été difficiles pour les propriétaires d’entreprises à capital fermé, et cette situation pourrait persister, disent les spécialistes. Si vous pensez à quitter votre entreprise et à en confier les rênes à un successeur, qu’il s’agisse d’un membre de votre famille, d’un membre de la direction ou d’un tiers, vous devez planifier la transition le plus tôt possible. 

Vous devez trouver une personne ou une entreprise susceptible de prendre la relève lorsque vous partirez, déterminer l’approche qu’elle adoptera et vous demander si elle a réellement la volonté et la capacité de vous succéder. Vous voudrez également récupérer votre capital et réduire considérablement les risques.

Ashwin Nath et Jeff Noble, respectivement directeur de service principal, Services en fusions-acquisitions et marchés financiers, et directeur de service, Services de gestion privée, Services aux familles fortunées, chez BDO Canada vous offrent cinq conseils pour vous aider à réussir la transition de votre entreprise à capital fermé vers l’étape suivante de son cycle de vie.

numéro 1 Planifier

Un jour, vous devrez tirer votre révérence, que vous le vouliez (dans le contexte d’un processus de vente volontaire, d’un départ à la retraite ou d’un changement de style de vie) ou non (à la suite d’un décès prématuré, d’une perte de capacités, de la maladie d’un proche, d’un désenchantement, d’un désaccord ou d’un divorce). 

« Malheureusement, devoir quitter une entreprise contre son gré est une situation qui arrive plus souvent qu’on le croit, indique Jeff. Mon meilleur conseil aux propriétaires est d’élaborer un plan. Plus ils repoussent la planification de la relève, moins ils auront d’options. » 

Les perturbations économiques comme l’inflation, les droits de douane et l’instabilité en général ont laissé de nombreux propriétaires dans l’incertitude quant à la situation de leur entreprise et à sa valeur dans un contexte où ils envisagent de se retirer.

« Quel que soit le type d'acheteur, il n'est pas rare qu'une opération de fusion-acquisition prenne de 6 à 12 mois, voire plus dans l'environnement économique actuel. La planification est un excellent moyen de tirer la valeur maximale d'un processus de vente. En fin de compte, un tel processus s'apparente plus à un marathon qu'à un sprint », déclare Ashwin.

Une planification détaillée de la relève prouve qu’une entreprise est bien gérée. Il devrait s’agir d’un processus continu et dynamique qui permet non seulement de trouver la personne qui prendra votre relève si vous partez à la retraite ou décédez, mais aussi de repérer et de préparer les futurs chefs au sein de l’entreprise. Une bonne planification comprend une approche de transition intégrée tenant notamment compte : 

  • de la gestion; 
  • de la direction;  
  • de la propriété;  
  • du contrôle. 

Un plan de relève doit également couvrir les principaux objectifs du propriétaire de l’entreprise, y compris son héritage et sa vision de la croissance et du développement de celle-ci, sans oublier ses objectifs de vie personnels. Une planification stratégique facilitera la transition pour vous, votre famille, votre successeur et l’entreprise. 

numéro 2 Évaluer l’entreprise au vu de l’économie actuelle

L’incertitude économique accroît le risque d’échec des opérations partout dans le monde. Elle a également une incidence sur les évaluations, sur ce que les acheteurs sont prêts à payer et sur les modalités de leurs achats. Étant donné la conjoncture, les acheteurs et les prêteurs ont intensifié le processus de contrôle diligent de façon à respecter leur tolérance au risque. Voici une liste non exhaustive de questions à poser aux propriétaires d’entreprise pour évaluer leur état de préparation à une opération :

  • Vos informations financières historiques et actuelles sont-elles fiables? Vos données et rapports financiers sont-ils accessibles en temps réel? Avez-vous élaboré des scénarios optimistes et pessimistes à l’égard des résultats prévus?
  • Pouvez-vous déterminer facilement les facteurs qualitatifs et quantitatifs de votre rentabilité et de vos flux de trésorerie?
  • Quels sont les principaux avantages concurrentiels durables de votre entreprise par rapport à d'autres entreprises du même secteur?
  • Existe-t-il des occasions de croissance concrètes qu'un acquéreur potentiel pourrait saisir?
  • Les relations avec vos clients et fournisseurs sont-elles gérées de manière personnalisée ou par différents membres de l'équipe? Comment les droits de douane et d’autres facteurs semblables influent-ils sur vos relations et vos marges?
  • L'équipe de direction est-elle capable de jouer un rôle plus important ou l'entreprise aura-t-elle besoin de ressources externes pour assurer sa réussite?

Une évaluation de votre entreprise en amont vous aidera à déterminer les principaux aspects auxquels vous devrez sans doute porter une attention particulière en planifiant la relève.

numéro 3 Choisir un successeur

Vous devez commencer à vous demander qui pourrait être à même de prendre votre relève avant de vous préparer à quitter votre entreprise. Si vous n’avez personne en tête, commencez par dresser la liste des connaissances, des aptitudes, des compétences, des habitudes et de l’expérience que votre successeur devrait posséder pour assurer la réussite de l’entreprise.

« Les fondateurs et propriétaires d’entreprise ont tendance à choisir une personne qui leur ressemble comme successeur », indique Jeff. « Étant donné qu’ils ont bien réussi jusqu’à présent, ils croient qu’une personne qui possède les mêmes compétences, connaissances et aptitudes qu’eux pourra leur succéder et assurer la réussite de l’entreprise. » 

« En fait, les propriétaires devraient choisir un successeur en fonction des besoins futurs de leur entreprise. De quelles compétences et connaissances l’entreprise aura-t-elle besoin pour prospérer dans les 10, 15 ou 25 prochaines années? » indique Jeff.

Où se situe l’entreprise dans son cycle de vie? À quoi ressemble l’avenir dans le secteur? À quelle étape de son cycle de vie le nouveau propriétaire éventuel en est-il? Le choix d’un successeur aura des répercussions à l’échelle de l’entreprise, en particulier si celui-ci y joue un rôle de premier plan.

Au cours des dernières années, les activités de capital-investissement ont augmenté au Canada, où les propriétaires d’entreprises y voient une stratégie de sortie viable. Cette solution offre généralement un meilleur accès à l’expertise, aux ressources et aux capitaux, ce qui permet aux entreprises d’atteindre leurs objectifs à long terme.

« Un processus de dessaisissement complet mené par un conseiller en fusions-acquisitions permettra à un propriétaire d’entreprise de comprendre les différentes options qui s’offrent à lui dans le cadre de l’opération. Il pourrait par exemple avoir le choix de vendre à un acheteur financier tel qu’un fonds de capital-investissement, à un acheteur stratégique ou encore à un acheteur en interne, comme un membre de l’équipe de direction, déclare Ashwin. L’évaluation de toutes les options en vue de prendre une décision conforme aux objectifs établis peut offrir une réelle tranquillité d’esprit. »

numéro 4 Accompagner votre successeur

Une fois que vous avez déterminé les compétences que votre successeur doit posséder pour faire prospérer votre entreprise, dressez la liste des connaissances qu’il possède déjà et de celles dont il aura besoin.  

Élaborez sans tarder un plan d’accompagnement à partir de cette liste. L’accompagnement professionnel est une démarche volontaire qui, par définition, demande du temps. L’accompagnement peut être mis en place avant une opération avec l’équipe de gestion interne ou après avec un acquéreur tiers.

« Il s’agit d’un processus qui diffère du mentorat, en ce sens que les deux personnes sont sur le même pied. Le propriétaire doit consacrer beaucoup de temps à transmettre activement son savoir au successeur choisi, mais aussi à l’écouter », indique Jeff. L’entreprise sera ainsi mieux préparée à la transition. 

Le successeur devra comprendre tous les aspects de l’entreprise, notamment :

  • sa mission;
  • sa vision et sa stratégie;
  • sa culture;
  • son approche marketing;
  • ses ventes;
  • ses finances; 
  • ses ressources humaines;  
  • ses systèmes et processus; 
  • son modèle d’affaires. 


La formation et l’accompagnement comprendront des périodes au cours desquelles le successeur observera le travail du propriétaire et celui d’autres employés de l’entreprise, des entretiens ou des rencontres périodiques, un accès à des formations et à des activités de réseautage externes ainsi que des occasions de partage d’expériences. Cette démarche peut prendre plusieurs mois pour certaines entreprises et plusieurs années pour d’autres. 

L’accompagnement n’est pas une démarche unilatérale. Le propriétaire devrait aussi être prêt à apprendre de son successeur et tenir compte de tout commentaire formulé par ce dernier. Ce partage contribue à la prospérité future de l’entreprise. 

« J’invite également les successeurs à prendre part aux conversations avec les conseillers professionnels, les comptables, les avocats et les banquiers de l’entreprise. Le nouveau propriétaire devrait avoir l’occasion d’apprendre à communiquer avec eux, car il comptera sur leur aide », ajoute Jeff. 

numéro 5 Élaborer un plan financier et fiscal

Un plan financier et fiscal bien conçu contribuera à assurer une succession tout en douceur. Vous commencerez probablement par une évaluation de l’entreprise ou par un entretien avec un conseiller en fusions-acquisitions.

Le propriétaire voudra mettre en place des plans financiers complets parallèlement au processus d’évaluation. Il aura besoin d’un plan financier pour déterminer si le prix d’achat et les conditions de paiement lui permettront de subvenir à ses besoins le reste de sa vie. Recevra-t-il un billet à ordre du vendeur? Devrait-il conserver un pourcentage du capital pour profiter de la croissance future de l’entreprise? En outre, si l’entreprise est vendue à un membre de la direction, il faut prévoir un plan pour éviter une crise de liquidité, puisque les fonds servant au rachat proviendront probablement de l’entreprise. 

D’un point de vue fiscal, lorsqu’une opération est structurée de façon à minimiser la responsabilité fiscale, le propriétaire et le successeur peuvent en tirer le maximum. Il peut être judicieux d’utiliser l’exonération cumulative des gains en capital dans le cadre d’une opération, si vous y êtes admissible. Il peut aussi être possible de multiplier l’accès à cette exonération.

Vous pourriez de plus songer à geler la succession dans le cas d’une vente à un membre de la direction ou à un membre de la famille. Cette stratégie fiscale est fréquemment utilisée par les sociétés privées sous contrôle canadien en cas de succession en interne. Un gel successoral peut être réalisé pour restructurer le modèle de propriété de votre entreprise en plafonnant la valeur de vos actifs et en transférant la plus-value ultérieure à la génération de propriétaires suivante. Le projet de loi C-208 récemment adopté permet également le véritable transfert intergénérationnel des actions des petites entreprises. Cliquez ici pour en apprendre davantage sur ce que cela signifie.

Un conseiller en fusions-acquisitions ou un conseiller en fiscalité peut aider les propriétaires d’entreprise à comprendre l’incidence du prix d’achat, la structure de l’opération et les délais relatifs au produit net de la vente. Un planificateur financier ou un gestionnaire de patrimoine pourra en outre les renseigner sur le financement de leur mode de vie après l’opération et le développement de leur patrimoine.

Nous vous aidons à vendre ou à transférer votre entreprise

Pour assurer la prospérité de son entreprise, le fondateur doit élaborer un plan et veiller à la pérennité des activités après son départ.

« Les propriétaires d’entreprise doivent se demander à quoi ressemblera leur vie lorsqu’ils auront quitté celle-ci. Je remarque souvent que les propriétaires reportent la planification de la relève, car ils ne savent pas ce qu’ils feront après leur départ, indique Jeff. N’oubliez pas que votre départ est inévitable.  »

« Le fait de parler à un conseiller en fusions-acquisitions permet au propriétaire d'une entreprise de comprendre les différentes options qui s'offrent à lui et de prendre une décision éclairée pour son entreprise », ajoute Ashwin.

Comptez sur les conseillers de BDO pour vous fournir un soutien spécialisé lors de la transition de votre entreprise. Nous offrons des services-conseils en évaluation, en fusions-acquisitions, en planification financière et en planification de la relève, tous soutenus par une impressionnante expertise en fiscalité. Un conseiller de BDO vous présentera différentes options de succession et vous aidera à mettre en place la stratégie qui vous conviendra, à vous ainsi qu’à votre successeur.