En bref :
- La gouvernance des sociétés ouvertes au Canada évolue rapidement.
- Les conseils d’administration doivent composer avec une surveillance réglementaire accrue et les attentes grandissantes des parties prenantes.
- La volatilité du commerce mondial, l’IA et la cybersécurité redéfinissent les priorités en matière de gestion des risques.
- Le conseil doit réunir des membres combinant compétences et expériences pertinentes.
- Une saine gouvernance exige de l’adaptabilité et de la rigueur en période de crise.
Le contexte canadien des sociétés ouvertes se transforme rapidement, ce qui accentue les exigences envers les conseils d’administration. L’incertitude économique persistante, alimentée par les droits de douane, les événements géopolitiques, les modifications réglementaires, l’essor de l’IA et les cybermenaces contraignent de nombreuses sociétés à délaisser leur posture réactive. Elles doivent plutôt anticiper les changements pour mieux se positionner à l’avenir.
Les risques émergents
Le rythme des changements s’accélère en raison des soubresauts des échanges commerciaux mondiaux. Les sociétés n’ont d’autre choix que de s’adapter rapidement pour répondre aux exigences croissantes des parties prenantes. Les actionnaires, les employés, le public et les organismes de réglementation réclament désormais de l’information claire et exhaustive. Ils s’attendent à ce que les conseils d’administration exercent une surveillance efficace, ce qui oblige les sociétés à renforcer leurs pratiques de gouvernance et à adopter une approche proactive pour cerner, gérer et communiquer les risques.
Le milieu de la gouvernance évolue lui aussi, particulièrement au cours des dernières années. L’engouement pour la présentation d’informations sur les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance s’est d’ailleurs essoufflé en Amérique du Nord. Parallèlement, la cybersécurité demeure au cœur des priorités, tandis que l’IA s’impose rapidement comme vecteur de risques et d’occasions.
L’intensité des pressions externes, notamment l’exposition à la volatilité du commerce mondial, varie selon la taille de la société, la nature de ses activités et son secteur. Les multinationales doivent d’ailleurs composer avec des exigences plus complexes en raison d’un grand nombre de parties prenantes, mais elles disposent généralement de moyens plus importants pour y répondre. À l’inverse, les émetteurs assujettis de petite et moyenne taille subissent des contraintes liées à leur gestion opérationnelle, sans toutefois toujours disposer d’autant de ressources à l’interne.
Dans ce contexte, le conseil d’administration doit consacrer le temps et les ressources nécessaires à la mise en place de processus rigoureux d’évaluation des risques. Il lui incombe aussi de garantir l’accès à une information fiable ainsi que de recruter ou de former des administrateurs aux compétences et à l’expérience complémentaires pour renforcer la surveillance et définir une orientation stratégique. Il est également possible de recourir à des conseillers externes et de miser sur le perfectionnement continu des dirigeants et des administrateurs.
Composition du conseil d’administration
Devant la multiplication des défis auxquels les sociétés ouvertes sont confrontées, leur conseil d’administration doit réunir des personnes qui ont les compétences appropriées et qui sont outillées pour composer avec des enjeux aussi complexes que diversifiés. Il est désormais indispensable que les membres du conseil maîtrisent des domaines clés, comme l’IA, la cybersécurité et le commerce international. Même les comités spécialisés au sein du conseil sont devenus une nécessité. L’adaptation à cette réalité lui permet d’assurer une surveillance efficace et une orientation stratégique.
L’alourdissement du fardeau réglementaire imposé au conseil d’administration n’est pas nouveau. Celui-ci doit s’adapter pour que ses capacités de surveillance restent au diapason des nouvelles attentes et de l’actualité. Pour y parvenir, il lui faut valoriser la formation continue et revoir sa propre composition au gré des nouvelles exigences réglementaires.
La surveillance du conseil est déterminante
Le conseil répond aujourd’hui à des attentes plus élevées en matière de conformité et de surveillance de la part des actionnaires et des organismes de réglementation. Il se trouve donc dans l’obligation de resserrer ses stratégies de surveillance et de mettre en place les contrôles appropriés pour assurer l’intégrité des pratiques et respecter les exigences.
À mesure que les entreprises s’implantent dans de nouveaux marchés et composent avec l’évolution des conditions commerciales à l’échelle mondiale, les risques réglementaires et juridiques, tout comme les risques d’audit, se multiplient. Le conseil doit donc compter sur des auditeurs dotés d’une connaissance fine de leur secteur et d’une solide expertise technique afin de mener des audits rigoureux dans les délais prévus.
Les administrateurs doivent également évaluer si le cabinet d’audit retenu a les reins assez solides pour répondre aux besoins de la société. En effet, il importe de confier la mission d’audit à des spécialistes qui possèdent les compétences et le temps nécessaires. Le conseil s’assure également que l’associé responsable de la mission et les membres clés de l’équipe d’audit ont suffisamment de temps pour réaliser la mission. D’autre part, le cabinet d’audit doit démontrer son aptitude à réunir des équipes multidisciplinaires, à tirer parti de la collaboration transfrontalière au sein d’un réseau mondial et à coordonner des équipes locales solides qui travaillent efficacement pour livrer des travaux de grande qualité.
Exigences en matière de gouvernance moderne
Les conseils d’administration jouent un rôle essentiel pour assurer une surveillance étroite et une bonne gestion en période d’incertitude. Ils doivent faire preuve de résilience et d’agilité pour perfectionner leur modèle de surveillance en fonction des risques, des enjeux et des réalités changeantes, en plus de savoir se réorienter au gré de la conjoncture. En misant sur la résilience, le conseil maintient une gouvernance efficace, même sous pression, et adapte ses méthodes de surveillance à mesure que les circonstances évoluent.
La gouvernance moderne repose notamment sur une communication claire, un dialogue ouvert et de la formation continue afin de favoriser une gouvernance adaptée aux besoins des parties prenantes. En évaluant et en améliorant continuellement ses modèles de surveillance, le conseil est mieux outillé pour soutenir sa société.
Par ailleurs, il est également appelé à jongler avec plusieurs priorités, malgré des contraintes de temps. Étant donné la rapidité des changements, il lui faut bien comprendre les risques et les enjeux de sa société et s’assurer d’avoir le temps, les ressources et les compétences nécessaires pour assurer une bonne gouvernance. La mise en place de pratiques structurées, comme des indicateurs de rendement clés, des tableaux de bord et des ordres du jour axés sur les risques et les occasions, permet au conseil d’anticiper les changements plutôt que de simplement y réagir. Les sociétés doivent donc assurer une gouvernance solide tout en répondant à leurs obligations, notamment le respect des dates limites de dépôt et des autres exigences.
En bref
Au Canada, l’environnement dans lequel évoluent les sociétés ouvertes se transforme à un rythme effréné. Pour répondre aux exigences des parties prenantes, leur conseil d’administration doit faire preuve de résilience et avoir une grande capacité d’adaptation. Transparence, effectifs qualifiés et ressources adéquates constituent la combinaison gagnante pour assurer la réussite de l’entreprise.
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