Par ailleurs, selon une étude de l’Association of Certified Fraud Examiners (ACFE), les entreprises et les organismes perdraient environ 5 % de leur chiffre d’affaires annuel à cause de la fraude. Le rapport Occupational Fraud 2024: A Report to the Nations révèle également que la perte moyenne par occurrence s’élève à 1,7 million de dollars américains. Une forte proportion des cas découle de la fraude à l’approvisionnement, laquelle englobe les pots-de-vin et les ristournes clandestines, le truquage d’offres, les conflits d’intérêts, le recours abusif aux commandes rectificatives et la surfacturation.
Si de nombreux incidents ne sont même pas déclarés, certains font toutefois les manchettes. L’an dernier, le London Health Sciences Centre, réseau hospitalier ontarien, a notamment allégué avoir perdu 50 millions de dollars après qu’un ancien cadre eut comploté pour falsifier des documents, gonfler des factures et réclamer le paiement de travaux jamais entrepris.
Accroissement du risque de fraude
La fraude repose sur trois facteurs principaux : la pression, les circonstances favorables et la rationalisation. On n’a malheureusement aucun contrôle sur deux de ces trois facteurs, mais on peut toutefois agir sur les circonstances favorables. De nombreux spécialistes du domaine recommandent de s’appuyer sur la règle du 10-80-10, qui postule que 10 % des employés voleront à la moindre occasion, que 80 % pourraient succomber à la tentation si des circonstances favorables à la fraude se présentent et que les 10 % restants ne voleront jamais. Par conséquent, la prévention doit viser l’élimination des occasions de commettre une fraude en renforçant l’environnement de contrôle interne.
Les périodes de ralentissement économique et l’incertitude exacerbent également les risques de fraude. Selon l’ACFE, les compressions de personnel favorisent le passage à l’acte, car elles se traduisent souvent par une réduction des contrôles internes.
La vulnérabilité des entreprises et des organismes tient alors à la faiblesse de ces contrôles ou à un relâchement dans leur mise en œuvre. Le rapport de l’ACFE révèle d’ailleurs que leur absence (32 %), la possibilité de les contourner (19 %) et le manque de supervision de la part de la direction (18 %) constituent les principales faiblesses des contrôles ayant favorisé la fraude.
Détection et prévention de la fraude
La détection de la fraude à l’approvisionnement exige vigilance et diligence. Pour débusquer les transactions suspectes, il faut généralement savoir relever les anomalies, comme les hausses de prix inexpliquées ou l’attribution excessive de contrats à un fournisseur donné.
On gagne également à surveiller les coûts réels sur la durée du contrat pour s’assurer du respect des conditions de l’appel d’offres ou des indexations de prix prévues aux ententes pluriannuelles. Dans la même optique, un suivi serré des transactions permet de confirmer que la facturation est conforme aux modalités de l’accord. Rappelons que de tels contrôles ne révèlent des tendances ou des anomalies qu’à long terme, à moins d’exercer une surveillance en temps réel.
Il s’agit souvent d’indicateurs tardifs, dont l’analyse nécessite un certain recul et une compilation des données. Divers indicateurs et procédures peuvent être utilisés, notamment la surveillance continue de la conformité des processus d’approvisionnement, laquelle englobe la vérification de la réputation des tiers, des conflits d’intérêts et de l’exécution des projets antérieurs. Le respect des exigences de mise en concurrence pour les contrats de grande valeur ou l’examen des évaluations de soumissions contribuent aussi à l’intégrité du processus l’approvisionnement.
La détection de la fraude se complique dès lors que son auteur est rusé et s’emploie activement à brouiller les pistes. Toutefois, une personne faisant soudainement l’étalage de richesses peut mettre la puce à l’oreille.
L’achat d’une voiture de luxe, le port de vêtements griffés ou les voyages coûteux sont autant de signes qui ne trompent pas. Il importe donc de noter tout décalage entre le mode de vie d’un salarié et son revenu connu.
Confrontés à la hausse du coût de la vie ou à des pressions financières, les employés peuvent se laisser tenter par des solutions malhonnêtes et franchir le pas de la fraude. Un contrôle efficace consiste à demeurer attentif aux difficultés financières qu’ils éprouvent. L’offre d’un soutien adéquat, comme des conseils financiers, ou le retrait de l’employé d’un poste à risque (donnant accès aux liquidités, à l’approbation de paiements ou à la sélection de soumissionnaires) protègent concrètement les ressources de l’entreprise.
En somme, on prévient et on décèle la fraude en évitant de créer des conditions qui y sont propices. Voici quelques stratégies à suivre.
En bref
La fraude est susceptible de survenir à n’importe quelle étape du processus d’approvisionnement, et peu d’entités sont à l’abri. Toutefois, celles qui adoptent des stratégies de prévention et de détection adéquates sont plus souvent épargnées.
Nous sommes là pour vous
L’équipe des Services-conseils en juricomptabilité, Litiges et enquêtes accompagne les entités dans l’optimisation de leurs contrôles internes, la réalisation d’évaluations de risques ciblées et le déploiement de mécanismes de détection de pointe. Une telle démarche préventive réduit considérablement le risque de fraudes à l’approvisionnement, ce qui limite les pertes financières tout en préservant les actifs. Nous collaborons également à l’établissement de lignes de dénonciation efficaces, de programmes de formation et d’outils de surveillance automatisés, ces solutions étant reconnues pour écourter la durée des méfaits et en minimiser les dommages.