Comme l’indique un nouveau rapport, les investissements technologiques à eux seuls ne génèrent pas les gains de productivité attendus; les progrès découlent en grande partie des choix éclairés des dirigeants et de la refonte du modèle opérationnel.
Toronto, ON – Les entreprises canadiennes investissent massivement dans l’IA, l’automatisation et la transformation numérique, mais elles sont peu nombreuses à voir leur productivité s’accroître de façon notable, selon une nouvelle étude de BDO Canada.
Le rapport Le paradoxe de la productivité en 2026 : les gains de productivité au pays dépendront des chefs d’entreprise indique que 45 % des entreprises canadiennes font l’essai de l’IA sans parvenir à rentabiliser leur investissement et que seules 18 % ont pleinement intégré cette technologie à leurs flux de travail et à leurs activités.
L’incertitude économique complique également les choses. Près du tiers (29 %) des entreprises disent retarder certains investissements majeurs, puisqu’elles doivent composer avec la hausse des coûts, l’instabilité des revenus, les contraintes de main-d’œuvre, la complexité réglementaire et les autres enjeux qui soulèvent des risques.
Fondé sur les résultats d’un sondage mené par Angus Reid auprès de 520 chefs d’entreprise canadiens, le rapport souligne également que l’amélioration de la productivité au Canada ne tiendra pas tant aux investissements dans la technologie qu’à la réorganisation des méthodes de travail.
Les investissements technologiques s’accélèrent, mais la transformation tarde à suivre
Comme le souligne le rapport, les entreprises ont de la difficulté à dépasser le stade de l’expérimentation de la technologie pour mener à bien leur transformation.
Si l’IA et les autres outils numériques permettent aux employés de réaliser leurs tâches plus efficacement, ces gains ne se traduisent pas automatiquement par une hausse de la productivité organisationnelle. Les approbations à plusieurs niveaux, les structures de responsabilité fragmentées, les services qui fonctionnent en vase clos et les processus décisionnels lents propres aux anciens modèles opérationnels sont autant de points de friction qui empêchent les entreprises de tirer pleinement avantage de la technologie.
Selon BDO, les dirigeants ne doivent plus se concentrer uniquement sur l’adoption d’outils technologiques : ils doivent repenser leur modèle opérationnel en mettant l’accent sur l’obtention de résultats mesurables.
Le rapport montre que l’incertitude économique incite les entreprises à privilégier la prudence. Avant d’entreprendre des initiatives de transformation majeure, certaines attendent un contexte plus stable ou veulent examiner plus en détail les retombées qu’elles pourraient produire.
Plutôt que de mettre leurs projets en veilleuse pendant cette période d’incertitude, elles peuvent en profiter pour simplifier leurs méthodes de travail, moderniser leurs processus décisionnels et adopter des modèles d’exploitation plus flexibles.
Activité n’est pas synonyme de productivité
Le rapport de BDO présente différentes priorités que peuvent mettre en avant les dirigeants pour réaliser des gains de productivité mesurables, notamment cibler les flux de travail qui comportent le plus de points de friction, repenser les processus en profondeur, réallouer les ressources en privilégiant les activités à forte valeur ajoutée, améliorer l’accès aux données ainsi qu’aux analyses opérationnelles et accroître l’adaptabilité à l’échelle de l’entreprise.
Il brosse aussi un portrait de la situation dans les secteurs de la fabrication et de la distribution, des services financiers, de l’immobilier et de la construction ainsi que du capital-investissement, dans lesquels les entreprises sont soumises à des pressions différentes, mais doivent néanmoins dépasser le stade des initiatives technologiques isolées et apporter des changements opérationnels concrets.
Passer de la sensibilisation à l’action
Les chefs d’entreprise canadiens se préoccupent grandement de la productivité dans un contexte concurrentiel marqué par l’incertitude économique, les contraintes de main-d’œuvre, la hausse des coûts, la complexité réglementaire et l’intégration accélérée de l’IA.
L’heure n’est plus à la sensibilisation, estime BDO. La plupart des entreprises mesurent maintenant pleinement l’importance de la modernisation et les périls du statu quo. Leur défi consiste plutôt à apporter les changements organisationnels nécessaires assez rapidement pour se donner un avantage.
Les entreprises qui se démarqueront sur le plan de la productivité ne seront pas forcément celles qui investissent le plus dans la technologie, mais plutôt celles qui repensent efficacement leurs méthodes de travail, outillent leur personnel et s’adaptent à l’évolution des conditions.
À propos de BDO
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BDO est la marque utilisée pour désigner le réseau BDO et chacun de ses cabinets membres.
À propos des données d’Angus Reid
Ces constatations proviennent d’un sondage de BDO Canada mené du 31 mars au 3 avril 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 520 adultes canadiens recrutés en ligne parmi les membres du Forum Angus Reid. Le sondage a été effectué en anglais et en français. À titre indicatif, un sondage probabiliste de même taille aurait une marge d’erreur de ±4,3 points de pourcentage dans 19 cas sur 20.
