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Article

Renforcer les contrôles opérationnels grâce à la conformité

Mis à jour le : 23 juillet 2026

En bref :

  • Les taxes indirectes deviennent une priorité stratégique pour les fabricants.
  • Les données de mauvaise qualité et les processus cloisonnés augmentent les risques de vérification des autorités fiscales et entraînent des pertes financières.
  • L’efficacité des technologies repose sur une gouvernance solide et des données de qualité.
  • Le partage de responsabilité entre les différentes fonctions favorise l’intégration de la fiscalité aux activités quotidiennes.
  • Les analyses permettent de repérer les possibilités de recouvrement et de mieux se préparer aux vérifications.
  • La surveillance continue assure la conformité, le contrôle opérationnel et le rendement de l’entreprise.

Les fabricants canadiens exercent leurs activités dans un contexte fiscal de plus en plus complexe. Les chaînes d’approvisionnement se transforment, les pressions sur les coûts persistent, les modèles d’affaires se redéfinissent et les autorités fiscales perfectionnent leurs méthodes d’analyse de données. Pour de nombreux fabricants, le défi ne réside plus dans la compréhension des règles fiscales, mais dans leur application uniforme à l’ensemble des systèmes, des opérations, des fournisseurs, des produits et des sites.

Selon un récent sondage Angus Reid mené auprès de 520 dirigeants d’entreprise canadiens, les coûts liés à la conformité figurent parmi les principaux défis des fabricants, tout comme la diminution des marges. Dans ce contexte, les taxes indirectes méritent donc une attention particulière. La TPS/TVH, la TVP, la TVQ, les taxes de vente et les obligations connexes sont souvent intégrées aux activités quotidiennes. Lorsque les processus sous-jacents ne sont pas harmonisés, les entreprises augmentent leur risque de faire l’objet de vérifications et laissent passer des occasions de recouvrer les montants payés en trop. Pour les fabricants, les taxes indirectes dépassent le simple cadre de la conformité. Elles constituent désormais un véritable défi opérationnel.

Augmentation des risques liés aux taxes indirectes dans le secteur de la fabrication

Les entreprises de fabrication gèrent habituellement un volume élevé d’opérations liées aux achats, à la production, à la distribution, aux investissements en capital, aux activités interentreprises, aux importations, aux exportations ainsi qu’aux ventes réalisées dans divers territoires. La manière dont les taxes indirectes doivent être gérées, documentées, recouvrées ou déclarées varie pour chacune de ces opérations. 

Cette complexité entraîne des risques. Un taux de taxe appliqué incorrectement à une facture de fournisseur, une classification de produit qui n’est pas mise à jour à la suite d’un changement dans l’entreprise ou encore une configuration de système qui ne reflète plus le traitement fiscal approprié peuvent entraîner des répercussions sur des milliers d’opérations avant que le problème ne soit détecté. Les montants en cause peuvent paraître minimes à l’échelle d’une transaction, mais devenir importants au fil du temps. 

Parallèlement, les autorités fiscales s’appuient de plus en plus sur l’analyse des données. Les vérifications ne se limitent plus aux examens effectués à partir d’échantillons. Ils reposent davantage sur l’analyse de vastes ensembles de données provenant de progiciels de gestion intégrés, de grands livres, de déclarations fiscales, de factures et de pièces justificatives. Les fabricants qui ne sont pas en mesure de rapprocher rapidement leurs déclarations fiscales avec les données transactionnelles risquent de se retrouver désavantagés, même lorsque leur position fiscale est fondée. 

Aujourd’hui, la préparation aux vérifications ne repose plus uniquement sur l’exactitude technique. Elle exige des données complètes, une documentation claire, des processus uniformes et la capacité de justifier les résultats fiscaux produits à l’échelle de l’entreprise.

La technologie au service de la précision… ou de la répétition des erreurs

De nombreux fabricants investissent dans la modernisation de leurs progiciels de gestion intégrés, l’automatisation, les outils fiscaux, les analyses et les outils alimentés par l’IA. Ces investissements peuvent accroître l’efficacité et le contrôle, mais seulement si les données et les processus sont fiables.

La technologie ne corrige pas les données de base incohérentes, les responsabilités mal définies, les hypothèses fiscales désuètes, ni le cloisonnement des équipes responsables de la fiscalité, des finances, des TI, de l’approvisionnement et de l’exploitation. Dans certains cas, la technologie permet de repérer plus facilement ces lacunes. Dans d’autres, elle en accentue les effets en reproduisant les mêmes erreurs à grande échelle. Par exemple, si les données relatives aux fournisseurs, aux articles, aux clients, aux emplacements ou aux produits sont incomplètes ou mal catégorisées, un outil peut appliquer les bonnes règles fiscales en utilisant des données erronées. De même, si les règles fiscales ne sont pas adéquatement intégrées aux processus d’approvisionnement, aux projets d’investissement ou aux canaux de vente, l’entreprise risque de continuer à produire des résultats inexacts malgré l’adoption de nouveaux outils.

Les solutions technologiques en fiscalité nécessitent des processus rigoureux et bien conçus. Pour assurer la qualité des résultats en matière de taxes indirectes, les fabricants doivent mettre en place des contrôles adéquats, des processus de rapprochement, des normes de documentation et une gouvernance claire des données.

Les données transactionnelles révèlent fréquemment des sommes recouvrables

Les examens des taxes indirectes sont souvent déclenchés par une vérification ou une échéance de conformité. Or, les mêmes données qui entraînent des risques peuvent également révéler des sommes recouvrables. Il est possible que des fabricants payent trop de taxes, ne profitent pas pleinement de certains crédits ou exemptions, ou appliquent des traitements fiscaux qui ne sont plus appropriés.

Ces situations surviennent fréquemment à la suite d’acquisitions, de déploiements de progiciels de gestion intégrés, de l’ouverture de nouvelles usines, de changements de fournisseurs, de lancements de nouvelles gammes de produits, de l’évolution des marchés ou de la refonte des chaînes d’approvisionnement. Dans chacun de ces cas, les activités de l’entreprise se transforment souvent plus rapidement que les paramètres fiscaux, la documentation et les mécanismes de contrôle qui les encadrent.

Ce contexte entraîne des pertes financières difficiles à détecter au sein d’un volume élevé d’opérations. Les examens traditionnels ne permettent pas toujours d’en mesurer pleinement l’ampleur, puisque les erreurs sont réparties entre différents fournisseurs, règles sur le lieu de fourniture, établissements, catégories de produits ou unités d’affaires.

Une approche plus efficace consiste à utiliser l’analyse des données pour examiner l’ensemble des opérations, repérer les anomalies, quantifier les montants potentiellement recouvrables et justifier les réclamations au moyen de documents appropriés. Plutôt qu’un exercice occasionnel, le recouvrement de sommes devient une activité intégrée à la gestion continue des taxes indirectes.

Une responsabilité partagée

Les résultats en matière de taxes indirectes ne relèvent presque jamais exclusivement de l’équipe des services en fiscalité. Même si celle-ci établit les orientations, les finances traitent les opérations, les TI administrent les systèmes, l’approvisionnement gère les données des fournisseurs, les opérations s’occupent des activités et la fonction commerciale influe sur les flux de produits et la clientèle.

Or, si les responsabilités sont fragmentées, des lacunes émergent. Aucune équipe ne porte alors pleinement la responsabilité de s’assurer que les règles fiscales sont correctement intégrées aux systèmes, que les taux de taxe sont à jour, que la documentation est conservée ou que les montants recouvrables sont repérés et réclamés.

Les fabricants peuvent réduire ce risque en intégrant les taxes indirectes à leur gouvernance opérationnelle. Leurs principaux processus doivent donc en tenir compte, notamment l’intégration des fournisseurs, la création de produits, les projets d’investissement, les changements apportés aux progiciels de gestion intégrés, les acquisitions, les opérations interentreprises et les décisions liées à la chaîne d’approvisionnement.

L’objectif de cette démarche n’est pas de ralentir les activités. Il consiste plutôt à veiller à ce que les exigences fiscales soient prises en compte dès la prise de décisions, avant que les erreurs ne soient intégrées dans les systèmes et reproduites dans des milliers d’opérations.

Renforcer la fonction fiscale

Les fabricants n’ont pas à revoir entièrement leur modèle opérationnel pour améliorer la performance de leur fonction fiscale. Des améliorations dans les secteurs où les risques et les occasions de création de valeur sont les plus importants permettent souvent d’obtenir des résultats concrets.

Une approche pratique comprend les éléments suivants :

Évaluer les risques actuel
Examiner la façon dont les taxes sont appliquées dans les principaux flux d’opérations, les systèmes, les entités et les territoires. Repérer les situations où le traitement fiscal repose sur des interventions manuelles, des hypothèses désuètes ou des données incohérentes. 
Renforcer la préparation aux vérifications
Faire concorder les déclarations fiscales avec les données financières et celles provenant des progiciels de gestion intégrés, organiser la documentation justificative et mettre en place des protocoles clairs pour répondre aux demandes des autorités fiscales. 
Améliorer la qualité des données et des contrôles
Réviser les données de base, les taux de taxes, les règles sur le lieu de fourniture, la configuration des systèmes et les processus d’approbation. Mettre en place des contrôles et des mécanismes de signalement des anomalies pour détecter les problèmes plus rapidement. 
Repérer les sommes recouvrable
Analyser les données transactionnelles pour relever les taxes payées en trop, les crédits non réclamés, les traitements fiscaux inadéquats et les autres montants pouvant être recouvrés. 
Tenir compte des taxes lors de changements dans l’entreprise
Tenir compte des taxes indirectes dans les projets liés aux progiciels de gestion intégrés, les acquisitions, les transformations de la chaîne d’approvisionnement, les lancements de produits et les décisions touchant le modèle opérationnel. 
Adopter une surveillance continue
Utiliser l’analyse des données et les mécanismes de suivi pour repérer les anomalies, les tendances et les problèmes récurrents avant qu’ils ne donnent lieu à des constatations lors d’une vérification ou à des pertes financières durables.

De la conformité au contrôle opérationnel

La fiscalité est de plus en plus présente dans les opérations, davantage axée sur les données et étroitement liée aux activités des fabricants. Les entreprises les mieux placées pour relever ce défi seront celles qui iront au-delà de la conformité périodique et renforceront leurs pratiques en matière de données, de systèmes, de processus et de gouvernance.

Pour les fabricants, il s’agit à la fois d’une occasion de mieux gérer les risques et d’améliorer leur rendement. Une gestion plus rigoureuse des taxes indirectes sert à améliorer la préparation aux vérifications, à réduire l’exposition aux risques, à recouvrer des montants et à favoriser une prise de décisions éclairées à mesure que l’entreprise évolue.

Dans un secteur où les marges sont sous pression, les chaînes d’approvisionnement souvent perturbées et les obligations de conformité de plus en plus complexes, la gestion des taxes indirectes ne devrait pas être perçue comme une simple fonction administrative. Elle doit devenir un mécanisme de contrôle opérationnel qui contribue à protéger la valeur à l’échelle de l’entreprise de fabrication.


L’information présentée est à jour en date du 9 juillet 2026. 

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