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Article

La cyberrésilience renforce votre portefeuille d’entreprises

Mis à jour le : 20 mai 2026

En bref :

  • Les cyberrisques ont une incidence sur la rentabilité, les activités et l’évaluation des entreprises.
  • Les rançongiciels et la fraude par courriel figurent parmi les principales menaces auxquelles elles sont confrontées aujourd’hui.
  • La maturité en cybersécurité fait l’objet d’un examen de plus en plus approfondi lors des contrôles diligents et à l’étape de sortie.
  • Des stratégies de cybersécurité adaptées viennent assurer un certain équilibre entre les investissements et l’exposition aux risques selon les secteurs.
  • Intégrer la cyberrésilience à chaque étape du cycle de vie de vos investissements contribuera à l’amélioration de vos résultats et de vos prévisions.

Longtemps considérée comme un atout d’un point de vue administratif uniquement, la cybersécurité est aujourd’hui devenue, pour les fonds de capital-investissement, un moyen de préserver la valeur de leurs investissements. Si elle est mise en œuvre de façon réfléchie, la gestion des cyberrisques renforce la résilience des entreprises financées.

Dans le contexte actuel, le rendement repose moins sur l’ingénierie financière et davantage sur l’excellence opérationnelle, la résilience et la prévisibilité des résultats. Or, des cyberrisques non maîtrisés compromettent ces leviers de performance. Ils peuvent miner le rendement, ralentir les initiatives et compliquer la stratégie de sortie. Les incidents de cybersécurité ne se limitent pas aux systèmes technologiques : leurs répercussions se manifestent rapidement dans les résultats et les évaluations.

Les cybermenaces redéfinissent la gestion des risques inhérents aux portefeuilles

À l’heure actuelle, deux types de cybermenaces entraînent de sérieuses conséquences pour les entreprises : les rançongiciels et la fraude par courriel.

Selon l’Évaluation des cybermenaces nationales 2025-2026 du Centre canadien pour la cybersécurité : « Au cours des deux prochaines années, les auteures et auteurs de rançongiciels intensifieront presque certainement leurs tactiques d’extorsion et perfectionneront leur capacité d’accroître la pression exercée sur les victimes pour qu’elles paient des rançons et d’échapper aux organismes d’application de la loi. »

Les cybercriminels misent aujourd’hui sur la « double extorsion » : ils volent des données sensibles, cryptent ensuite les systèmes, puis menacent de publier les renseignements dérobés si une rançon n’est pas versée. Dans bien des cas, ces cybercriminels opèrent depuis des territoires échappant à la surveillance des autorités canadiennes, ce qui rend la récupération des données incertaine et les poursuites peu probables.

La fraude par courriel présente un risque différent, mais ses conséquences n’en sont pas moins graves. La plupart du temps, elle vise la facturation ou prend la forme de stratagèmes d’usurpation d’identité. Les fraudeurs prennent le contrôle des comptes ou se font passer pour des employés, des fournisseurs ou des membres de la direction. Il en résulte des paiements frauduleux, souvent découverts trop tard, lorsque les fonds sont déjà irrécupérables. Cette fraude est particulièrement redoutable, car elle exploite la faiblesse des contrôles et la confiance des employés plutôt que des failles techniques complexes.

Les cyberrisques influent directement sur les évaluations

Pour les fonds de capital-investissement axés sur la croissance et l’optimisation de leur portefeuille d’entreprises, la gestion des cyberrisques vise d’abord à préserver la valeur et à éviter les risques baissiers. À l’heure où les technologies évoluent au quotidien, une gestion des cyberrisques adaptée aux changements sectoriels et technologiques permet aux entreprises d’anticiper les menaces et de conserver un avantage concurrentiel durable.

La maturité en cybersécurité est désormais examinée de près lors des contrôles diligents et rigoureusement testée à l’étape de la sortie. Des contrôles déficients entraînent notamment :

  • l’effritement des revenus causé par des arrêts opérationnels;
  • des risques de non-respect de la réglementation et de responsabilité juridique;
  • une perte de clientèle découlant d’atteintes à la réputation;
  • des primes d’assurance plus élevées ou une couverture réduite;
  • des ajustements du prix d’achat lors du contrôle diligent du côté du vendeur.

L’ampleur de ces incidences a été constatée à maintes reprises dans le marché. Selon le Rapport 2025 sur le coût d’une violation de données d’IBM, le coût moyen d’une violation de données à l’échelle mondiale est de 4,44 millions de dollars américains et dépasse les 10 millions de dollars américains dans certains marchés en cas d’amendes réglementaires, de perturbations opérationnelles et d’un retard dans leur détection.

Aujourd’hui, les cyberrisques constituent à la fois un défi opérationnel et un facteur déterminant en matière d’évaluation. Les entreprises qui considèrent la cybersécurité comme un levier stratégique sont mieux outillées pour préserver leur valeur, limiter les risques baissiers et mener à bien leur sortie. Nous observons par ailleurs une évolution marquée du marché : les acheteurs ne se contentent plus d’une déclaration de la direction selon laquelle des contrôles sont en place. Ils veulent plutôt qu’on leur prouve qu’ils existent, qu’ils sont fiables et qu’ils peuvent passer un test de résistance. Dans ce contexte, la maturité en cybersécurité et la capacité à la démontrer deviennent essentielles à la réussite d’une transaction.

Les entreprises financées par capital-risque ne présentent pas toutes le même niveau de risque

Au sein d’un portefeuille, l’exposition aux cyberrisques varie considérablement d’une entreprise à l’autre. Les profils de risque sont notamment influencés par :

numéro 1
Le secteur d’activité
numéro 2
La nature et le volume de données sensibles traitées
numéro 3
La nature et le volume de données sensibles traitées La propriété intellectuelle
numéro 4
Le nombre de clients gouvernementaux ou réglementés
numéro 5
Le niveau d’intégration numérique et d’automatisation des activités

Des secteurs comme les services publics, les soins de santé, le commerce de détail et les services financiers sont particulièrement exposés aux risques d’usurpation d’identité et de fraude. Une stratégie uniforme de cybersécurité, appliquée indistinctement à l’ensemble des entités, s’avère donc rarement efficace. Il faut plutôt l’adapter à la réalité de chaque entreprise : un surinvestissement en cybersécurité peut éroder le rendement, tandis qu’un sous-investissement accroît le risque de pertes. Des pratiques opérationnelles modernes fondées sur des normes de sécurité bien établies, une exécution rigoureuse et un cadre de gouvernance adapté aux risques protègent votre valeur.

Pour les fonds de capital-investissement, la question n’est plus de savoir si les cybermenaces existent, mais bien d’évaluer la cyberrésilience de leur portefeuille. Les entreprises financées par des fonds de capital-investissement ou celles qu’ils prévoient acquérir n’ont pas nécessairement de stratégie de cybersécurité ou un programme efficace de gestion des cyberrisques. L’absence de contrôles diligents peut engendrer des risques importants.

Intégrer la cybersécurité au cycle de vie des investissements

La gestion des cyberrisques doit commencer bien avant la conclusion d’une transaction. Elle doit être présente tout au long de chaque investissement.

Contrôles diligents

  • Évaluer la maturité en cybersécurité et l’environnement de contrôle.
  • Cerner les vulnérabilités critiques et les coûts potentiels d’une remise à niveau.
  • Quantifier les cyberrisques dans le cadre d’une évaluation des risques d’entreprise.
  • Intégrer les constatations au plan couvrant les cent premiers jours.

Durant la période d’attente

  • Normaliser les contrôles de sécurité de base pour l’ensemble des entreprises du portefeuille.
  • Harmoniser les indicateurs clés en cybersécurité avec les rapports remis au conseil d’administration.
  • Surveiller l’évolution des risques à mesure que les systèmes et les activités se transforment.
  • Intégrer la cybersécurité aux initiatives globales d’amélioration opérationnelle.

Avant la sortie

  • Réaliser des évaluations indépendantes du stade de maturité des contrôles.
  • Corriger de façon proactive les lacunes relevées avant l’examen des acheteurs.
  • Renforcer la documentation, les cadres de gouvernance et les éléments probants.

Les acheteurs adoptent des méthodes d’évaluation de la cyberrésilience de plus en plus avancées. Une préparation en amont facilite le contrôle diligent et assure la valeur de l’entreprise.

Jeune professionnelle tapant sur un téléphone intelligent, dans un contexte de cyberrésilience

Mesures concrètes pour les fonds de capital-investissement et les équipes de direction des entreprises financées

La cybersécurité est désormais beaucoup plus qu’un enjeu technologique. Elle s’inscrit dans une logique de gouvernance qui nécessite une coordination étroite entre les équipes responsables des investissements, les consultants en gestion, les directeurs financiers et les directeurs de services technologiques.

Un processus structuré et reproductible comprend, notamment :

  • le recensement des actifs et des fonctions opérationnelles les plus importantes;
  • l’évaluation des cyberrisques auxquels sont exposés les actifs;
  • la mise en place de contrôles de base appliqués aux gens, aux processus et aux technologies;
  • une surveillance continue et des ajustements à mesure que l’entreprise évolue;
  • l’intégration de la gestion des cyberrisques à la culture organisationnelle.
« Par-dessus tout, afin d’assurer la qualité de leur portefeuille, les fonds de capital-investissement ont intérêt à effectuer des examens plus rigoureux des entreprises permettant d’évaluer l’efficacité de leur programme de cybersécurité et de relever tout changement. Par ailleurs, des contrôles de cybersécurité éprouvés limitent l’ampleur des vérifications nécessaires et, par conséquent, contribuent à la réduction des coûts d’audit en plus de rassurer les membres des conseils d’administration, les investisseurs et les futurs acquéreurs. Aujourd’hui, la cybersécurité repose avant tout sur la confiance. En capital‑investissement, la valeur à la sortie dépend de la capacité à démontrer que les contrôles sont efficaces et fiables. »
Braham Moondi, Associée et chef nationale, Solutions en matière de capital-investissement, Services en certification

Nous sommes là pour vous

Les professionnels en technologies qui composent nos Services-conseils en cybersécurité ont proposé des solutions personnalisées et pratiques à des centaines de sociétés ouvertes et fermées dans divers secteurs d’activité. Nos professionnels des Solutions en matière de capital-investissement savent comment les opérations sont structurées et conclues. Nous collaborons avec vous pour vous offrir des solutions qui vous conviennent.