Réponse en deux étapes des sociétés de capital-investissement face à la crise

30 juin 2020

À la fin du mois de mai 2020, BDO Canada et Fasken ont invité des sociétés de capital-investissement de premier plan à participer à une discussion sur la détérioration de la conjoncture causée par la crise de la COVID-19. Deux façons concrètes de répondre à la crise ont été relevées :

  • Faire face aux conditions actuelles du marché;
  • Miser sur ces conditions pour prospérer.

Cette discussion, a permis de réunir des invités de TriWest Capital Partners, Angeles Equity Partners, et Novacap. Voici le sommaire des discussions. 

1. Faire face aux conditions actuelles du marché

La relation entre la société de capital-investissement et la société de portefeuille

Les relations d’affaires sont au cœur du capital-investissement. En cette période difficile, il est essentiel d’assurer une solide intégration entre la société de capital-investissement et la société de portefeuille. Pour diriger des sociétés de portefeuille pendant la pandémie, les sociétés de capital-investissement ont déterminé qu’il était bénéfique d’accroître la fréquence des communications avec les équipes de direction. Cette stratégie leur permet d’agir de façon proactive pour faire face aux ralentissements sur le marché et aux contraintes de liquidité.

À court terme, les sociétés de portefeuille et les sociétés de capital-investissement pourraient devoir délaisser leurs stratégies offensives et adopter des stratégies défensives. Plutôt que de mettre l’accent sur des occasions de croissance, les sociétés de capital-investissement ajouteront de la valeur en misant sur leur expérience passée en matière de replis économiques pour offrir des conseils sur la préservation des capitaux.

Les sociétés de capital-investissement doivent soutenir leurs relations en fondant leurs décisions sur les données obtenues grâce aux indicateurs de rendement clés et aux tableaux de bord permettant de cibler le rendement.

Une question d’équilibre en matière de ressources humaines : présent et avenir

Les entreprises doivent s’adapter aux conditions actuelles en fonction de leur propre réalité. Pour ce faire, elles peuvent réduire leurs effectifs afin de s’adapter aux niveaux d’activité actuels. Les sociétés de capital-investissement doivent toutefois tenter le plus possible de protéger la main-d’œuvre des entreprises. Préserver le bassin de travailleurs permettra aux sociétés d’être en mesure de croître lorsque l’économie reprendra de la vigueur.

Pour préserver cet équilibre, les sociétés de capital-investissement et les équipes de direction doivent entretenir un dialogue sur une base régulière. Une adaptation insuffisante pourrait compromettre la survie de l’entreprise, mais des compressions trop importantes l’empêcheront de tirer parti de la reprise économique.

La crise actuelle met également en évidence l’importance d’une planification de la relève efficace, de la structure des équipes de direction et de la culture d’entreprise, qui doivent toutes être revues en cette période.

L’augmentation du fonds de roulement

En situation de crise, la préservation des liquidités est essentielle. À cet effet, les sociétés de portefeuille ont mis en place de nombreuses stratégies. Les sociétés doivent tenir compte de la chronologie des débiteurs, tirer parti de la souplesse qu’offrent leurs prêteurs et les propriétaires, et explorer toutes les subventions que proposent les gouvernements.

Il pourrait s’avérer prudent de réévaluer les relations avec les fournisseurs pour cibler les occasions de reporter les paiements. Toutefois, une société ne doit pas adopter une approche généralisée qui pourrait porter atteinte à l’intégrité de sa chaîne d’approvisionnement lors de la reprise.

Les perspectives sont plus que positives pour certaines entreprises. Notamment, celles dont le modèle d’affaires repose sur des revenus récurrents pourraient avoir constaté que, en raison d’occasions dont la croissance est ralentie mais dont les revenus sont garantis, leur fonds de roulement est plus élevé.

2. Surmonter la crise

La diversification de la chaîne d’approvisionnement est devenue prioritaire

L’exposition transfrontalière constitue l’un des risques les plus élevés liés à cette crise. La fermeture des frontières a eu une incidence majeure sur les portefeuilles de capital-investissement, tout comme sur l’ensemble des entreprises mondialisées.

Pour réagir à ce risque dans leur plan de redressement, certaines sociétés ont choisi d’accroître leurs stocks. Cette stratégie pourrait sembler contre-intuitive compte tenu de l’importance de la préservation des liquidités. Toutefois, il pourrait être prudent de prendre des mesures maintenant plutôt que de risquer de rater les occasions offertes par la reprise économique.

À l’avenir, les investisseurs privilégieront la diversification au sein de la chaîne d’approvisionnement, à la fois à l’égard du nombre de fournisseurs et de leur position géographique, ce qui éliminera la dépendance excessive à l’un d’eux. Cette diversification se fera évidemment au prix de la perte du pouvoir de négociation et de l’augmentation de la charge administrative, compromis qui devra être géré au niveau de l’entreprise et du secteur.

À l’avenir, la diligence raisonnable tiendra compte de la crise de la COVID-19

À l’heure actuelle et à court terme, les investisseurs et les prêteurs continueront de mettre l’accent sur le risque, ce qui rendra certaines entreprises plus attrayantes que d’autres. Les sociétés dont le modèle d’affaires repose sur l’hypothèse d’un retour à la conjoncture qui prévalait en 2019 feront l’objet d’un examen minutieux. Les investisseurs chercheront des entreprises qui suivent des modèles d’affaires souples et qui savent s’adapter aux changements inattendus sur les marchés.

Les sociétés qui ont été touchées par cette crise et qui s’en sont sorties pratiquement indemnes seront plus attrayantes, tout comme celles dont la clientèle, les fournisseurs, les produits et les emplacements géographiques sont très diversifiés.

Les entreprises qui ont réussi à exploiter la technologie dès le début et celles qui ont su mettre en place un environnement opérationnel virtuel en mettant en œuvre de solides canaux de communication à l’interne et à l’externe retiendront davantage l’attention des investisseurs.

D’autres occasions de création de valeur se présenteront

Il est de plus en plus difficile pour les sociétés de capital-investissement d’exercer la même diligence raisonnable qu’auparavant. Par exemple, les visites des installations de fabrication et l’évaluation des capacités de la direction représentent deux aspects dont l’exécution virtuelle présente des difficultés. Par ailleurs, les propriétaires d’entreprises peuvent être plus réticents à vendre aux sociétés de capital-investissement avec lesquelles elles n’ont pas établi de relation en personne.

Cela dit, les investisseurs continueront de trouver des occasions favorables de créer de la valeur.

Malgré l’incertitude actuelle, les souscripteurs profiteront des occasions de prendre des décisions basées sur des données, même si ces décisions présentent des risques accrus qu’ils devront évaluer avec attention.

Les sociétés de capital-investissement doivent également tenir compte des modifications qu’elles pourraient apporter à leurs portefeuilles actuels pour les optimiser, notamment les regroupements de sociétés privées. Ces transactions pourraient permettre aux entreprises d’accroître la portée de leurs activités et de miser sur les synergies créées par le réoutillage nécessaire.

Les sociétés de capital-investissement savent créer de la valeur en période de croissance, tout comme lors de ralentissements. Cette crise constitue l’occasion de démontrer cette valeur aux propriétaires d’entreprises, aux actionnaires et aux commanditaires.

Alors que de nombreuses entreprises faisaient déjà face à certaines de ces difficultés, elles doivent maintenant s’adapter plus rapidement que jamais. En continuant de se concentrer non seulement sur les exigences à court terme, mais aussi sur les occasions à long terme, les sociétés de capital-investissement et les sociétés de portefeuille s’assureront d’être en bonne position pour surmonter cette crise et tirer parti de la reprise économique inévitable qui suivra.

Plateforme de ressources en matière de redressement de BDO à l’égard de la pandémie de COVID-19

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec : 

Patrice Dumais, Associé, Évaluation d’entreprises et services transactionnels, BDO Canada 

Bernard Cormier, Associé, Services-conseils transactionnels et fusions et acquisitions, BDO Canada 

Veuillez communiquer avec nous si vous souhaitez parler à un spécialiste de chez Fasken. Il nous fera plaisir de vous mettre en contact avec eux.

Notre site utilise des témoins nous permettant de vous offrir un service plus réactif et personnalisé. En consultant notre site, vous acceptez l'utilisation des témoins. Veuillez lire notre déclaration de confidentialité pour en savoir plus sur les témoins que nous utilisons et sur la façon de les bloquer ou de les supprimer.