Ce que les entreprises à propriétaire-exploitant doivent savoir sur la chute du huard

février 2016

Le dollar canadien a été lourdement affecté par toute l’incertitude des 12 derniers mois. Après la chute des cours du pétrole en janvier, il est tombé sous la barre des 0,70 $ US,un taux jamais vu depuis 2003. Le huard a retrouvé un peu de sa vigueur, mais selon certaines prévisions, il pourrait plonger sous les 0,60 $ US d’ici la fin de l’année.

À cause de cette tendance baissière, les consommateurs canadiens commencent à apprivoiser le choc à la caisse. En voyant les prix augmenter partout, que ce soit pour du chou-fleur, des concombres ou des voyages internationaux, ces consommateurs réduisent leurs dépenses. Ainsi, dans un contexte où le taux de change élevé rend les voyages dans le sud plus dispendieux, il est à prévoir que le nombre d’aînés passant l’hiver aux États-Unis va diminuer.

Les conséquences de la chute du dollar sur les consommateurs a beaucoup fait parler d’elle. Par contre, les conséquences sur les entreprises à propriétaire-exploitant ont suscité moins d’intérêt. En fait, à part traverser le désert, il existe de nombreux moyens pour ces entreprises de composer avec la faiblesse du dollar et la fluctuation des changes.

Taux de change : la faiblesse ne fera que s’accentuer

Après avoir atteint un plafond de 1,10 $ US en 2007, le dollar canadien est demeuré relativement stable pendant plusieurs années. Toutefois, au cours des 24 derniers mois, il a considérablement reculé. Cette situation s’explique par plusieurs raisons, la principale étant bien sûr la chute des cours du pétrole. En moins d’un an et demi, le cours du pétrole a baissé d’environ 70 %. Au Canada, nous tentons de faire abandonner l’idée que des ressources naturelles comme principal moteur de l’économie, mais nous avons encore du chemin à faire. La perception de notre économie diminue au même titre que le cours des
ressources. Les pourparlers sur la baisse des taux d’intérêt et le spectre de taux négatifs au Canada ne font rien pour aider la chose, surtout à la lumière de la décision des États-Unis d’augmenter leur taux directeur pour la première fois en presque dix ans.

Effets des taux de change sur les entreprises à propriétaire-exploitant

Les entreprises canadiennes ressentent déjà les effets de la faiblesse du huard, et ces effets ne feront que s’accentuer avec le temps. Bien entendu, l’ampleur des effets dépend largement de la composition et du secteur d’activité. En règle générale, pour une entreprise qui exporte l’essentiel de sa production aux États-Unis, les retombées sont plutôt intéressantes alors que pour un importateur, l’effet est inversé. Par ailleurs, si l’importateur augmente ses prix pour refiler la facture de change à ses consommateurs, il peut perdre des ventes et renforcer l’effet négatif.

Pour prendre des décisions éclairées, une entreprise doit se familiariser avec les conséquences éventuelles d’un huard faible ou de ses fluctuations. En profitant des effets positifs de la situation tout en gérant les effets négatifs ou en les réduisant au minimum, il est possible de se distinguer de la concurrence. À ce sujet, voici quatre aspects importants sur lesquels toute entreprise devrait se pencher.

Possibilités d’expansion

Pour les entreprises qui étendent leurs activités à l’étranger, la faiblesse du dollar crée des débouchés intéressants. En effet, la diminution des coûts de production permet d’offrir des prix extrêmement concurrentiels aux États-Unis. La chose est particulièrement vraie dans les secteurs d’activité qui exportent l’essentiel de leur production chez nos voisins du Sud, notamment la fabrication, les produits de consommation, le développement de technologies et l’agriculture, secteur où la chute du dollar canadien protège les producteurs contre la baisse des prix des produits agricoles à l’échelle mondiale.

Accroissement de l’investissement étranger

Aux yeux des investisseurs étrangers, la faiblesse du huard rend particulièrement intéressantes les entreprises canadiennes ouvertes à l’investissement. De nombreux reportages dans les médias font déjà état d’une croissance phénoménale dans l’investissement étranger au Canada, tout particulièrement dans les secteurs de l’immobilier et de la technologie.

D’ailleurs, selon les prévisions de CBRE, la plus importante société de services immobiliers au monde, les investisseurs étrangers sont en bonne voie pour atteindre un nouveau record d’acquisitions d’immeubles commerciaux au Canada cette année.

Du côté des technologies, la faiblesse du dollar procure un net avantage aux entrepreneurs canadiens et aux sociétés émergentes pour attirer des capital-risqueurs américains. En effet, les sociétés canadiennes peuvent en faire plus avec chaque dollar investi que leurs homologues américaines. Elles sont donc mieux placées pour faire de la concurrence sur les prix.

Hausse du coût des intrants

Lorsque le dollar canadien est faible, les entreprises à propriétaire-exploitant doivent savoir gérer un autre aspect : les coûts liés à leur chaîne d’approvisionnement. Une entreprise qui n’exerce ses activités qu’au Canada pourrait facilement croire qu’elle est à l’abri des fluctuations du huard. Rien n’est plus faux.

La plupart des sociétés canadiennes ont des fournisseurs qui sont situés à l’étranger ou qui s’approvisionnent à l’étranger. Dans de nombreux cas, ces fournisseurs réalisent leurs opérations en dollars américains. Aussi, à mesure que le dollar canadien s’incline devant le dollar américain, le coût des marchandises augmente. Les entreprises paient donc plus cher pour leurs denrées de base, leurs matériaux ou leurs intrants, selon qu’elles œuvrent dans
le secteur de la restauration, du commerce de détail ou de la fabrication, respectivement. Dans le secteur de la fabrication, où il est largement reconnu que la moitié des intrants vient de l’étranger, les entreprises doivent sérieusement remettre en question la souplesse de leur chaîne d’approvisionnement et leur façon de composer avec toute hausse importante de coût.

Du côté des détaillants canadiens, la pression sur la chaîne d’approvisionnement risque d’augmenter et pour cause : bon nombre des produits qu’ils vendent sont fabriqués aux États-Unis. Que ce soit pour des livres, des vêtements ou de l’électronique haut de gamme, les détaillants doivent augmenter leurs charges, et donc leurs prix, une situation qui peut nuire à leurs ventes au Canada.

Risque de change accru

Au-delà de la chute du huard en général, il existe un autre obstacle auquel les entreprises canadiennes doivent penser : la fluctuation des taux de change. Ce facteur complique les prévisions sur les effets du cours du dollar. En effet, lorsque le huard fluctue de plusieurs cents en l’espace d’une, voire deux semaines, il devient difficile de prévoir les produits et les charges. Sans gestion proactive du risque de change, une entreprise peut mettre sa rentabilité à risque simplement en choisissant le mauvais moment pour convertir des monnaies.

Tirer le maximum de chaque dollar

Comme on vient de le voir, les effets de la faiblesse du dollar et des fluctuations de change sont différents pour chaque entreprise à propriétaire-exploitant.

Compte tenu de la situation actuelle et des prévisions d’un huard encore faible pour longtemps, de nombreuses questions surgissent : Devrais-je transférer ma chaîne d’approvisionnement au Canada? Comment puis-je me protéger contre le risque de change? Devrais-je étendre mes activités sur le marché américain? Comment puis-je attirer des investissements étrangers dans mon entreprise?

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Tout dépend de la réalité de votre entreprise. À la lumière de la faiblesse et des fluctuations du huard, prenez le temps d’analyser tous les aspects de votre organisation. Comment? Si vous exploitez une entreprise, commencez par vous pencher sur les stratégies suivantes :

  • Familiarisez-vous avec les répercussions sur votre entreprise : Déterminez votre exposition au risque de change, tant du côté des produits que des charges. En prenant connaissance des effets qu’ont les fluctuations des changes sur votre entreprise, vous pourrez prendre des décisions éclairées pour réduire vos risques.
  • Misez sur les ventes en dollars américains et les charges en dollars canadiens: Dans la mesure du possible, augmentez vos ventes en dollars américains, que ce soit par une hausse des exportations ou par de nouvelles activités à l’étranger. Parallèlement, trouver des moyens de réduire votre recours aux importations ou aux fournisseurs qui font des affaires en dollars américains. Avant de renouveler un contrat avec un fournisseur, examinez vos solutions de rechange.
  • Explorez les marchés d’exportation : Penchez-vous sur des marchés d’exportation, en plus des États-Unis. Si le dollar canadien est faible, vos produits pourraient devenir plus intéressants pour des acheteurs dans bon nombre de marchés étrangers où la devise s’est appréciée par rapport au huard.
  • Élaborez un plan de gestion des fluctuations : Si vous comptez beaucoup d’activités ou de fournisseurs aux États-Unis, préparez un plan de gestion des risques de change pour réduire votre exposition aux fluctuations de change. Par exemple, vous pourriez ouvrir un compte bancaire américain, qui vous permettrait de limiter les opérations de change pour payer vos fournisseurs. Vous pourriez aussi recourir à divers types d’opérations de couverture (options de couverture, contrats de change à terme, etc.). Chaque option comporte des coûts particuliers. Pour savoir laquelle convient le mieux à votre entreprise, consultez votre conseiller.
À la lumière des diverses prévisions économiques, force est de constater que la faiblesse du dollar canadien va durer encore longtemps. Que la valeur continue de valser autour des 0,70 $ US ou qu’elle baisse davantage, les entreprises doivent intervenir dès maintenant pour réduire leurs risques au minimum et maximiser leurs avantages. Pour une entreprise à propriétaire-exploitant, chaque dollar compte; c’est une question de durabilité et de rentabilité. En prenant les mesures nécessaires pour connaître et réduire votre exposition aux fluctuations de change, vous serez en excellente position pour tirer le
meilleur parti de la situation, quel que soit le taux de change.
 

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les mesures à prendre face à la fluctuation des changes et d’autres enjeux connexes, veuillez communiquer avec votre conseiller local. BDO ou le chef des services à votre secteur ci-dessous :

Agriculture
Coralee Foster
519 348 8412
cfoster@bdo.ca

Fabrication et
Distribution

Michael Gillespie
519 576 5204
mgillespie@bdo.ca

Commerce de detail et
Grand Distribution

Bob McMahon
905 272 7818
bmcmahon@bdo.ca

Immobilier et
Construction

Salmaan Alvi
905 946 5403
salvi@bdo.ca

Technologie et
Sciences de la vie

Scott Rodie
514 931 5796
srodie@bdo.ca

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