Perspectives pour le secteur de la fabrication en 2018

16 janvier 2018

NTL_Firm_15Nov17_Online_Manufacturing-Month_679x220.jpg

Occasions, risques et considérations en matière de planification pour les fabricants canadiens

Les ventes du secteur de la fabrication canadien ont beau avoir affiché des performances records en 2017, le secteur est tout de même aux prises avec un certain nombre de problèmes sérieux. Prenons par exemple le commerce transfrontalier (le AECG, le PTP et maintenant l’ALÉNA), les interventions du gouvernement fédéral pour combler les vides juridiques touchant les entreprises privées canadiennes et pour repenser les programmes d’incitatifs gouvernementaux et d’innovation, l’augmentation du salaire minimum en Ontario et en Alberta, l’augmentation des tarifs d’électricité et la réforme fiscale américaine. Pour composer avec ces problèmes, les dirigeants d’entreprises se doivent de suivre la situation de près.

BDO et Manufacturiers et Exportateurs du Canada (MEC) ont travaillé de concert avec les entreprises de fabrication et ils se sont penchés plus attentivement sur les occasions et les difficultés qui se profilent à l’horizon. Dernièrement, BDO et CME ont tenu un webinaire qui traitait de ces questions.
 

regarder le webinaire sur demande (en anglais seulement)
 

Incitatifs gouvernementaux

Il y a une nouvelle dont le secteur de la fabrication peut se réjouir : le Programme de la recherche scientifique et du développement expérimental (RS&DE) n’est pas près de tirer sa révérence, affirme David Douglas, chef de l’équipe affectée aux incitatifs gouvernementaux de la région du Centre. L’ennui, c’est que le gouvernement fédéral prévoit dans son budget 2,6 milliards de dollars pour la RS&DE en 2018, soit une diminution par rapport au 3,5 milliards de dollars dépensés en 2016.

Toutefois, le programme SMART Vert de MEC acceptera des demandes tout au long de 2018. Celui-ci permet aux PME dans le secteur de la fabrication en Ontario de réduire leur émission de gaz à effet de serre au moyen de subventions non remboursables à hauteur de 50 % des coûts admissibles (au maximum 500 000 $) pour permettre l’achat d’équipements visant à réduire les émissions.

En outre, le gouvernement fédéral cherche à inclure les petites entreprises dans le processus d’approvisionnement, explique Douglas. Le Programme innovations et solutions est inspiré du programme Small Business Innovation Research aux États-Unis qui a été couronné de succès.

Paul Boucher, chef de services-conseils en fabrication de BDO, souligne que le gouvernement planche sur plusieurs initiatives ayant pour but de soutenir le secteur de la fabrication. Parmi celles-ci, notons le Fonds stratégique pour l’innovation (FSI) qui est accessible aux entreprises du secteur de l’industrie et de la technologie.

Le FSI comporte quatre volets de financement pour stimuler l’innovation sur l’ensemble de l’échelle de maturation technologique. Chaque volet vise un objectif particulier. Le premier volet vise à favoriser la recherche et le développement; le deuxième, faciliter la croissance et l’essor des entreprises canadiennes; le troisième, attirer et retenir les investissement à grande échelle; et le quatrième, contribuer au développement technologique par des initiatives de collaboration. 

Le fonds sert aussi à financer des projets de commercialisation qui sont à un stade avancé. Il s’agit d’une importante amélioration du point de vue gouvernemental, car l’un des plus grands enjeux des programmes de financement canadiens a toujours été le manque de soutien lors de la phase de commercialisation, affirme Boucher.

Dans le cas des trois premiers volets, les entreprises peuvent obtenir un financement à hauteur de 50 % sous forme de subventions, de prêts remboursables, de prêts non remboursables ou une combinaison de ceux-ci. Pour le quatrième volet, les candidats à la collaboration, dont les établissements postsecondaires, les sociétés à but lucratif (y compris les petits et moyens fabricants), les instituts de recherche et les entités sans but lucratif peuvent recevoir un financement de 50 % à 100 %.

Parmi les coûts admissibles, mentionnons le coût de main-d’œuvre directe, les coûts indirects, les coûts liés aux sous-traitants et aux consultants, les coûts de matériel et équipement, les coûts des terrains et bâtiments et les autres coûts directs.

Modifications fiscales touchant les sociétés fermées

En 2017, les sociétés fermées ont été visées par un grand nombre d’annonces en fiscalité, mais quelques-unes de ces propositions initiales du gouvernement fédéral ont été modifiées en octobre, affirme Sandy Hale-Malhinha, chef nationale des services en fiscalité au secteur de la fabrication.

Par exemple, ne seront plus mis en œuvre les changements les plus importants qui restreignaient l’accès à l’exonération cumulative des gains en capital et qui prenaient pour cible la conversion du revenu en capital.

De plus, le gouvernement a proposé que les mesures touchant le revenu passif ne se limitent qu’aux nouveaux placements et qu’elles ne s’appliquent qu’au revenu passif qui excède 50 000 $ annuellement. Les placements existants seront protégés. Bien qu’il ne s’agisse pour l’heure que de propositions, elle s’attend à ce que le projet de loi soit publié en même temps que le budget fédéral de 2018.

Le gouvernement a également annoncé en octobre que le taux d’imposition pour les petites entreprises sera abaissé à 10 % en 2018, puis à 9 % en 2019.

Pour accéder à notre page de ressources « Private Corporation Tax Changes Round-up », cliquez ici.

Pour mieux comprendre les répercussions de la réforme fiscale américaine sur les fabricants canadiens, cliquez ici.

Renégociations de l’ALÉNA

Si des progrès considérables ont été réalisés sur le plan des affaires lors des pourparlers sur l’ALÉNA, quelques problèmes subsistent, affirme Mathew Wilson, vice-président principal de MEC.

Les États-Unis ont formulé de nombreuses propositions qui n’ont pas reçu l’assentiment du Canada et du Mexique.  Par exemple, les États-Unis souhaitent que les automobiles aient jusqu’à 85 % (contre 62,5 % actuellement) de contenu nord-américain et 50 % de contenu américain, que soit insérée une clause de temporisation qui mettrait fin à l’accord au bout de cinq ans à moins que les trois pays s’entendent sur une extension, que soit éliminée la clause relative à la résolution des conflits et que soit établi un plafond sur la valeur des contrats d’achat du gouvernement américain pour les entreprises canadiennes et mexicaines. Les États-Unis pourraient également suspendre les pourparlers et déclencher une clause de retrait.

L’économie du Canada est tributaire de l’ALÉNA : près de 75 % de nos exportations sont destinées aux États-Unis et au Mexique. « L’écueil majeur dans cette affaire est l’incertitude commerciale », souligne-t-il. « Déjà que les investissements sont anémiques au Canada, les entreprises reporteront les décisions liées aux investissements tant et aussi longtemps que l’incertitude règne. »

Si certaines choses changent, d’autres restent les mêmes, affirme Mike Gillespie, chef des services au secteur de la fabrication de BDO. Au chapitre de l’innovation, les besoins et les occasions qui y sont liés sont plus nombreux que jamais.  Les fabricants canadiens ont de plus en plus de fournisseurs, de clients et d’activités à l’échelle mondiale. Nous voyons de plus en plus de consolidations sur le marché tandis que les plus grandes économies d’échelles doivent faire les investissements qui s’imposent pour faire concurrence sur la scène mondiale, et ce, de manière rentable.

Depuis plusieurs années, la préoccupation principale des chefs de file du secteur est l’attraction et la rétention de main-d’œuvre qualifiée. Enfin, la valeur du dollar canadien peut avoir une incidence importante sur la rentabilité des importateurs et des exportateurs canadiens. Le secteur canadien de la fabrication réussit bien en dépit d’un parcours semé d’embûches. Chez BDO, nous sommes fiers d’appuyer leurs efforts. Dans un récent sondage de BDO, il est apparu que la plupart des propriétaires d’entreprise du Canada ne disposaient d’aucun plan d’urgence suivant la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), et ce, malgré les préoccupations entourant la résiliation éventuelle de l’accord entre le Canada, le Mexique et les États-Unis.

Chez BDO, nous continuerons de vous fournir un sommaire des rondes de renégociations. Cliquez ici pour recevoir les dernières nouvelles

Tenez-vous informé des nouvelles dans le secteur de la fabrication

Inscrivez-vous pour connaître les dernières nouvelles de BDO Canada et pour recevoir une invitation à notre prochain webinaire.


En Contact
 

Si vous avez des questions ou si vous souhaitez en savoir plus, communiquez avec votre bureau local de BDO ou :

MGillespie.JPG

Michael Gillespie

Chef national des Services au secteur de la fabrication et de la distribution
Associé