Mobilisation de capitaux en agriculture : cinq choses à savoir

12 avril 2016

Dans le contexte financier actuel, il n’est pas toujours facile pour un exploitant ou un producteur agricole de mobiliser des capitaux. Du point de vue des investisseurs, tout indique que le contexte canadien actuel comporte plus de capital que d’opportunités d’investissement. Malgré la faiblesse des taux d’intérêt et du dollar canadien, plusieurs signes prometteurs laissent croire que les entreprises canadiennes disposeront de plus de possibilités pour obtenir et mobiliser des capitaux.

1. L’innovation est une force

Les propriétaires d’entreprises mettent l’accent sur les investissements en innovation. Les producteurs agricoles, qui ont été les plus actifs, investissent dans de la machinerie et de l’équipement de pointe pour accélérer leurs délais de production. Soucieuses d’aider les producteurs à réaliser des investissements novateurs dans leurs activités, diverses agences gouvernementales affectent des sommes importantes au soutien financier et accordent des subventions non remboursables et des prêts sans intérêt. La plupart des prêts ainsi consentis permettent de différer les versements pendant un an et sont conçus pour faciliter la gestion des flux de trésorerie. Dans le contexte financier actuel, ce type de financement procure un net avantage aux entreprises admissibles.

2. La sûreté se négocie

Certains types de sûreté sont monnaie courante chez les prêteurs. Il peut s’agir de garanties corporatives et personnelles et de contrats de sûreté générale sur une partie ou la totalité des avoirs de l’entreprise. Toutefois, il est possible de remettre en question l’obligation ou non de fournir une garantie personnelle, ainsi que la valeur de cette garantie. Avant de signer un document, demandez à un avocat et à un comptable de l’examiner attentivement. La négociation permet souvent de modifier, voire d’éliminer certaines clauses relatives à la sûreté.

3. Magasinez votre prêteur

Que ce soit pour une expansion, un refinancement ou une acquisition, les entreprises vont généralement s’adresser à leur banquier ou prêteur actuel. Toutefois, le marché du crédit aux entreprises est très concurrentiel et les prêteurs restent toujours à l’affût de débouchés intéressants pour investir des capitaux. Aussi les clients avertis magasinent auprès de trois ou quatre prêteurs pour choisir la meilleure offre. La saine concurrence comporte trois avantages : 1) elle permet d’obtenir le meilleur taux grâce à un pouvoir de négociation accru; 2) elle suscite l’empressement et la conclusion rapide de la transaction; et 3) elle permet de trouver un prêteur plus enclin à investir que les autres.

4. Sortez des sentiers battus

De nombreux entrepreneurs sont ouverts aux nouvelles solutions pour trouver les capitaux nécessaires à un démarrage, à une expansion ou à divers projets. Par exemple, pour démarrer ou étendre leurs activités, certaines entreprises agricoles ont recours au sociofinancement, qui consiste à réunir les apports modestes de nombreuses personnes pour réaliser un objectif ou un projet. Cette forme de financement, qui est souvent employée par les œuvres caritatives, se prête bien à un usage commercial. De plus, elle comporte des possibilités infinies pour attirer les investisseurs, qu’ils veuillent obtenir une récompense (financière ou non) ou simplement faire un don.

5. Soyez un emprunteur averti

Avant d’investir de l’argent dans un nouveau projet ou une nouvelle entreprise, vous devez tenir compte de nombreux facteurs et pièges possibles. 1) Demander un prêt peut coûter cher. Saviez-vous que les banques exigent des frais de dossier de quelques centaines à quelques milliers de dollars, selon le montant du prêt? Dans certains cas, ces frais sont payables d’avance et ne sont pas remboursables, même si le prêt est refusé. 2) Avant de donner leur approbation, la plupart des prêteurs exercent une vérification diligente très poussée. L’emprunteur doit alors produire des états financiers pro forma prévisionnels, des évaluations, des états de l’avoir net personnel, etc. Tous ces documents nécessitent un investissement initial, et ce, avant même que la demande de crédit soit traitée. 3) Il est très rare qu’une demande de crédit soit approuvée par un bureau local. Dans la plupart des banques, la décision finale revient à un service de crédit centralisé. Ainsi, avant que le prêt ne soit approuvé, l’emprunt-eur doit fournir des renseignements supplémentaires ou répondre à d’autres conditions. Cette structure par niveaux entraîne généralement des délais de traitement plus longs. Les propriétaires d’entreprise doivent donc s’armer de patience. 4) Les prê-teurs utilisent diverses mesures pour évaluer le risque de crédit d’un client et déterminer s’il est un bon candidat pour un prêt. Le critère le plus important est la valeur des actifs sous-jacents et le flux de trésorerie généré par l’entreprise ou BAIIA (béné- fice avant intérêts, impôts et amortissements). Bien que les prêteurs déterminent le montant du prêt selon un pourcentage des actifs financés, c’est à partir du BAIIA qu’ils déterminent si l’entreprise a les moyens de rembourser sa dette. Chez certains prêteurs, le ratio de service de la dette doit être d’au moins 1,25:1. Autrement dit, pour chaque dollar affecté au remboursement de la dette, l’entreprise doit générer un bénéfice de 1,25 $. 5) Il existe des points de référence parfois méconnus pour chaque secteur d’activité. Par exemple, chez certains prêteurs commerciaux, le crédit aux fermes laitières est soumis à des critères très serrés. Aux yeux du prêteur, tout producteur qui dépasse le point de référence est jugé à risque élevé de ne pas rembourser sa dette. Dans ce contexte, toute personne qui désire financer l’achat d’une ferme laitière doit prévoir une somme importante en capitaux pour répondre aux exigences de la banque.

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